L'hypnose et l'Islam : Ce que disent les savants !
« Est-ce que l’hypnose, c’est haram ? »
C’est la question qu’on me pose le plus souvent, avant même celle du nombre de séances ou du tarif. Je la comprends d’autant mieux que je me la suis posée moi-même avant de me former, en tant que musulmane pratiquante et professionnelle de santé.
Cet article ne cherche pas à trancher. Son but est de présenter ce que disent les savants et de décrire concrètement ce qu’est une séance, pour que chacune puisse réfléchir avec son propre discernement.
Un avis qui interdit l’hypnose :
La Commission permanente des savants d’Arabie saoudite a publié la fatwa n° 1779, qui considère l’hypnose comme interdite. Elle la décrit comme une pratique où l’on aurait recours aux djinns pour agir sur une personne. Or ce recours aux djinns relève du shirk, l’association à Allah, ce qui fonde l’interdiction.
Un avis qui distingue :
Le Dr Abdul Rahman Al-Jarai, enseignant à l’Université King Khalid en Arabie saoudite, a rédigé une fatwa consacrée à l’hypnose en traitement médical. Il y distingue deux choses : d’un côté, des pratiques occultes qui ont été associées à l’hypnose, de l’autre, l’hypnose thérapeutique, qui repose sur des mécanismes psychologiques, notamment la suggestion. Selon lui, elle peut être permise lorsqu’elle poursuit un but bénéfique et ne comporte rien d’interdit.
Le site IslamWeb reprend ces deux positions dans sa fatwa n° 101320 et fait la même distinction entre les pratiques faisant intervenir les djinns et celles fondées sur la suggestion.
Ce que les avis ont en commun :
Les savants ne s’accordent pas sur la conclusion, mais tous s’attachent à la même question : quelles méthodes sont employées, et dans quel but ? La fatwa n° 1779 décrit un recours aux djinns, une pratique qui n’a pas de place en hypnose médicale actuelle.
Comment se déroule une séance chez Hypnoor ?
Je pratique l’hypnose thérapeutique et médicale, dans le cadre de ma formation universitaire. Mes séances s’appuient sur l’hypnose ericksonienne : relaxation, concentration, visualisation et suggestions thérapeutiques. Elles peuvent accompagner le stress, l’anxiété ou certaines peurs.
Elles ne font appel ni à la magie, ni à la sorcellerie, ni à l’invocation de djinns. Vous restez consciente de ce qui se passe, vous pouvez parler, bouger et interrompre la séance à tout moment. Mon rôle est de vous accompagner dans un cadre respectueux, sans imposer de croyances ni de pratiques spirituelles.
Votre décision vous appartient !
Cet article présente des avis, il ne constitue pas une fatwa. Si un doute subsiste, vous pouvez en parler à une personne de science en qui vous avez confiance, en lui décrivant précisément le déroulement d’une séance. L’essentiel est de vous engager dans un accompagnement en paix avec vos convictions.
Un mot sur la psychologie islamique :
La tradition islamique a une vision globale de l’être humain. Les notions de nafs (l’âme, le soi), qalb (le cœur), ruh(l’esprit) et ‘aql (la raison) témoignent d’une compréhension fine de la psyché humaine, bien avant la psychologie occidentale.
Dans mon approche, l’hypnose peut se rapprocher de cette vision : elle permet de travailler sur la nafs, c’est-à-dire sur les blessures enfouies, les croyances limitantes et les réponses traumatiques, afin de retrouver la fitrah, sa nature première, saine et équilibrée. Pour les femmes musulmanes que j’accompagne, la spiritualité est une ressource, et je l’accueille avec respect dans notre travail.
L’hypnose thérapeutique est avant tout un espace d’écoute intérieure, un outil au service du soin, pratiqué avec éthique et dans le respect de vos valeurs.
Sources religieuses :
Commission permanente pour la recherche scientifique et la délivrance des fatwas (Arabie saoudite) — Fatwa n° 1779, recueil des fatwas, volume 1, p. 399, deuxième édition, 1412 H.
Dr Abdul Rahman bin Ahmed Al-Jarai — « L’hypnose en traitement médical », Islam Today, 29/07/1426 H.
IslamWeb — Fatwa n° 101320, « حكم التنويم المغناطيسي » (Le jugement religieux sur l’hypnose), publiée le 15 novembre 2007.
https://www.islamweb.net/ar/fatwa/101320